02 septembre 2022

Vienne 3


Au cœur du centre ancien se trouve l'abbaye Saint-André le Bas. Fondée au VIème ou VIIème siècle sur des soubassements gallo-romains elle était l'un des monastères les plus importants du diocèse de Vienne durant le Moyen-Âge. Elle était pour les hommes ce qu'était l'abbaye Saint-André le Haut pour les femmes, qui fait partie des toute premières constructions chrétiennes de la ville. Les premiers temps de l'abbaye sont mal connus, on sait juste qu'elle adopta la règle bénécictine vers la fin du Xème siècle. Le monastère était particulièrement florissant au XIIème siècle et des travaux importants furent menés à cette époque. Hélas les guerres de Religion n'épargnèrent pas son patrimoine et le couvent ne s'en releva pas. Affaiblie l'abbaye fusionna, contre l'avis des derniers moines, avec celle de Saint-Chef puis avec celle de Saint-Pierre de Vienne en 1780. L'église fut consacrée au culte paroissial et les autres bâtiments vendus. Le cloître fut masqué par des constructions qui obstruèrent ses arcades.

&& cloître Saint André le Bas (10)

&& cloître Saint André le Bas (4)

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&& cloître Saint André le Bas (1)


Chapiteaux

La sculpture du XIIème siècle est à Vienne très marquée par l'art antique, dont les vestiges devaient être encore plus nombreux qu'aujourd'hui. Les chapiteaux du cloître en offrent plusieurs exemples. Les sculpteurs de Vienne connaissaient la sculpture antique et s'en sont inspirés. D'autres chapiteaux représentent des visages ou des animaux. Ceux que voici sont exposés dans une galerie du cloître ...

chapiteaux (1)

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Au cours du XIXème siècle plusieurs projets de reconstruction de la façade qui menaçait de s'effondrer se succèdèrent. Comme dit plus haut jusque dans les années 1930 les arcades furent obstruées, c'est l'architecte Jules Formigé ( le même que pour le théâtre antique ) qui entreprit cette année-là de redonner son aspect presque initial au lieu. Ici ce qui reste de la salle capitulaire médiévale, la porte et à sa droite le montant d'une fenêtre. Jules Formigé a restitué une fenêtre double à partir de cet élément ...

&& vestiges salle capitulaire


 Le cloître montré au-dessus avant les travaux initiés par Jules Formigé ...

images
( Photo Société des amis de Vienne trouvée sur mon dépliant )

Église Saint-André le Bas

Elle a été édifiée sur une plateforme artificielle romaine, dont un passage voûté subsiste sous les travées occidentales. Une première partie date du Xème siècle, la seconde date de 1152 ( date prouvée par
une inscription ). Des chapelles ont été ajoutées au XIIIème siècle, les stalles du chœur datent du XVIIIème.
On doit la façade actuelle à Jules Formigé.

&& église Saint André le Bas

Source panneaux sur les lieux et Wikipédia 

La suite lundi si vous êtes d'accord ...?

Belle fin de semaine à vous !

drapeau-d-ukraine

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13 juillet 2022

Nous restons ...


... au même endroit, juste au sud d'Échillais dans le bourg de Saint-Agnant. Ici LA chose à voir c'est le pigeonnier de Montierneuf. Avant de vous le montrer je dois vous expliquer son origine. Il dépend en effet d'un prieuré fondé vers 1072 par les moines de l'abbaye de Vendôme. Après 1539, devenu prieuré-seigneurie, toutes les terres et marais avoisinants furent mis en valeur. On fit partiellement reconstruire et agrandir le monastère, on le dota d'une enceinte fortifiée dont il reste la porte d'entrée, et on fit édifier un pigeonnier. Au début du XVIIème siècle les nouveaux moines de la congrégation de Saint-Maur assurèrent la relève sans parvenir à retrouver l'ancienne prospérité. L'église, ruinée, ne fut pas reconstruite. A la Révolution, le prieuré fut vendu en trois lots et les bâtiments disparurent peu à peu. Il ne reste aujourd'hui du prieuré que des vestiges qui sont dans une propriété privée.

Le porche fortifié est doté de portes cochère et piétonne. Il était autrefois crénelé ( il reste les consoles supportant à l'origine le chemin de ronde ) et flanqué d'une échauguette, presque totalement détruite.

&& Saint Agnant (1)

large

 

Ci-dessous l'inscription au-dessus de la petite porte MOVSTIERNEVF, sachant qu'à cette époque U et V n'étaient que les deux apparences d'une même lettre ( voir ici ). Moustier-Neuf, du latin Monasterium Novum, désigne un monastère récent, le nom ayant un peu évolué par la suite devenant Montierneuf. Il existe également une abbaye de Montierneuf à Poitiers.

&& Saint Agnant (2)

 

Le pigeonnier

C'est l'un des plus beaux pigeonniers de France, construit en pierre de taille et de vastes proportions ( 35 m de circonférence, et 18 à 20 m de hauteur ). Édifié au XVIème siècle il est un chef d'oeuvre de la première Renaissance avec une grande richesse ornementale. Il possède des randières ( corniches constituée d'un alignement de pierres plates ) entre-autres pour empêcher les prédateurs de pénétrer dans l'édifice. L'élevage des pigeons avait pour but essentiel la récupération de la fiente, riche engrais phosphaté appelé colombine

 

&& Saint-Agnant pigeonnier de Montierneuf (1)

 

La coupole est surmontée d'un lanternon constitué de 8 colonnes cannelées avec chapiteaux à décors floraux finement sculptés.

&& Saint-Agnant pigeonnier de Montierneuf (2)

 

Ce pigeonnier comporte 2959 nids ou boulins, chacun étant travaillé en pierre de taille et prévu pour un couple de pigeons. Privilège seigneurial, le nombre de boulins était en principe proportionnel à la surface de terres appartenant en propre au seigneur. Ce droit n'a pas été respecté ici ce qui a entraîné une fermeture ultérieure d'un certain nombre de boulins.

&& Saint-Agnant pigeonnier de Montierneuf (4)

 

La porte par laquelle on entre dans le pigeonnier, l'inscription juste au-dessus indique la date du 19 novembre 1598, impossible de savoir ce que signifient les autres chiffres et lettres.

&& Saint-Agnant pigeonnier de Montierneuf (5)

 La municipalité et le propriétaire ont réussi dans les années 90 à réhabiliter ce pigeonnier qui, effondré depuis plusieurs décennies, était à l'état de ruine, et avec l'aide de l'architecte des bâtiments de France. Il est classé monument historique depuis 1951.

Si vous désirez voir des photos des ruines de l'abbaye courrez sur cette page du Ministère de la Culture, elles sont à droite, il vous suffit de les faire défiler avec les flèches.


A demain pour le 14 juillet, et des reflets.


Excellent mercredi à vous !

drapeau-d-ukraine

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08 juillet 2022

Retournons ...


... aujourd'hui en Charente-Maritime. Mais avant cela toutes mes excuses pour hier et mercredi ( enfin je n'y suis pour rien ! 😉), l'accès aux blogs canalblog étant trop aléatoire j'ai préféré ne pas publier. Il semblerait que tout soit revenu à la normale, quoique toujours assez lent. Mais revenons à nos moutons ! Je vous emmène donc en Charente-Maritime pour deux mini balades au sud de Rochefort.

Pont transbordeur du Martrou

Au XIXème siècle le seul moyen de traverser la Charente entre Rochefort et Échillais est le bac. Ce système de traversée est limité à marée basse, ou en cas de conditions météorologiques défavorables et de courants trop forts. La construction d'un pont est alors décidée, le défi est de trouver un système qui permette la traversée des personnes sans gêner la navigation maritime, notamment les navires de l'Arsenal de Rochefort. C'est le projet de Pont à Transbordeur proposé par Ferdinand Arnodin qui est retenu en 1897, il faudra 27 mois pour qu'il soit terminé et il sera inauguré le 29 juillet 1900. Cet ingénieux système se compose d'une partie fixe (classée pont suspendu) et d'une partie mobile (classée remontée mécanique). Deux pylônes métalliques supportent un tablier sur lequel glisse un chariot sur un système de rails. Une nacelle y est suspendue et relie les deux rives sans gêner la circulation maritime. Il a fonctionné jusqu'en 1967, et a été rénové entre 2016 et 2020. En 1966 le transbordeur sert de décor à la scène inaugurale du film de Jacques Demy Les demoiselles de Rochefort. Il avait envisagé de le faire peindre en rose pour son film mais les habitants refusèrent.

&& pont transbordeur (1)

5-pont-transbordeur-de-rochefort

 

Sculpture faisant partie du Sentier des Guetteurs, il y en a 14 qui sont réparties près du pont de chaque côté de la Charente. Elles sont signées Hélène Yousse, Benoit Hapiot et Johannes Zacherl, je ne sais pas qui a réalisé celle que je vous montre mais je la trouve très poétique.

&& pont transbordeur (2)


Structure navale

 Ce bateau est le symbole des activités du Port de Martrou au XIXème siècle. C'est un don de Michel Grasset, habitant de Port des Barques, à l'association "Les amis du patrimoine échillaisien". Il est exposé près de la maison du Transbordeur en bordure de Charente. Nous ne l'avons pas visitée, pas plus que nous n'avons emprunté le pont puisque c'était en 2019 et qu'il était en travaux.

&& pont transbordeur (4)

&& pont transbordeur (6)

 

Trizay

Ce bourg est lui aussi situé au sud de Rochefort, il est principalement connu pour son prieuré.
Traditionnellement appelé abbaye de Trizay il fut fondé au tournant des XIème et XIIème siècle et dépendait de la puissante abbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne. Il a beaucoup souffert durant les guerres de religion, et a été durant une période aménagé en citadelle. Il a vu l'incendie de son église et la destruction d'une partie des bâtiments conventuels, le tout étant maladroitement réparé par la suite. Un état des lieux réalisé beaucoup plus tard en 1760 signale une église déjà à demi-ruinée. En 1791 il est vendu comme bien national, les bâtiments conventuels étant transformés en exploitation agricole. Classé monument historique en 1920 il fut restauré à partir de 1994, il abrite depuis en centre d'art contemporain.

&& Trizay abbaye (1)

&& Trizay abbaye (2)

 
L'Arnoult près de Trizay

&& Trizay (3)

 Si ça vous dit nous resterons lundi dans cette région.
Demain ce sont les défis du samedi !


Excellente journée à vous !

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16 mars 2022

Abbaye aux Dames


Elle est située place de la Reine Mathilde, dans le centre de Caen, et a été fondée vers 1060 par Mathilde de Flandres, duchesse de Normandie. Son "pendant" est l'abbaye aux Hommes fondée par Guillaume le Bâtard futur Guillaume le Conquérant et époux de Mathilde. Deux histoires peuvent être avancées pour expliquer la fondation des abbayes. La première fait d'elles une œuvre d'expiation pour les péchés commis par le couple ducal formé par Mathilde et Guillaume, la seconde en fait un acte politique. L’Abbaye aux Dames a abrité jusqu’à la Révolution Française des religieuses bénédictines. Après la période révolutionnaire les bâtiments conventuels deviennent tour à tour une caserne, un dépôt de mendicité, un Hôtel-Dieu en 1823, puis un hospice en 1908. Ils seront restaurés à partir de 1984 pour accueillir quelques mois plus tard les services de la Région Basse-Normandie. Depuis le 1er janvier 2016, elle est le siège de la Région Normandie.

Avant de vous montrer mes photos deux images du net :

Pano43-1024x742

Abbdames_plan

 

Ma visite date de septembre dernier, nous n'avons hélas pu accéder qu'à la cour d'honneur B l'accès au
cloître et aux bâtiments conventuels étant bloqué pour je ne sais quelle raison ce jour-là. Le portique et les
pavillons d'entrée 3 et le pavillon Sainte-Anne ont été construits quand l'Hôtel-Dieu fut transféré
dans l'ancienne abbaye en 1823.

&& abbaye aux Dames (15)

&& abbaye aux Dames (12)

&& abbaye aux Dames (5)

&& abbaye aux Dames (11)

&& abbaye aux Dames (9)

&& abbaye aux Dames (8)

&& abbaye aux Dames (7)

 
Le Pavillon Sainte-Anne

&& abbaye aux Dames (1)

 
Guillaume et Mathilde 

 

Qui-est-Mathilde-que-Guillaume-le-Conquerant-son-mari-fit-reine-d-Angleterre

 

Mathilde, vous savez ... celle qui " faisait tapisserie " ! 😉

Bayeux-Tapisserie-de-Bayeux-4542-BayeuxMuseum-767x400

 A demain pour la visite de l'abbatiale.


Excellent mercredi à vous !

 

drapeau-d-ukraine

 

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13 mars 2020

Terminons ...

... notre visite de l'abbaye de Daoulas. Le conseil général, après en être devenu propriétaire en 1984, décide de créer un jardin des simples (4). Il s'agit tout d'abord d'une terrasse consacrée aux plantes médicinales de Bretagne, structurée selon le style des jardins d'abbayes du Moyen Âge et de la Renaissance (plantations en plates-bandes carrées, bordées de buis). En 1996 avec le passage à une surface de 4000 m² le jardin est remodelé et étendu avec un jardin des plantes médicinales des cinq continents, des plantes tinctoriales, plantes médicinales en voie de disparition et des plantes médicinales toxiques.

&& jardin (1)

&& jardin (3)

&& jardin (4)

&& jardin (7)

&& jardin (6)

&& jardin (8)

&& jardin (10)

 
Et ô bonheur  ... il existe même un petit lavoir ! (5)

&& lavoir

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 Voila nous en avons terminé pour l'abbaye. 
Il me restera le village à vous montrer, ainsi que 2 ou 3 jolies chapelles.


Excellente journée à vous !

 

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11 mars 2020

Le cloître ...

... (3) de l'abbaye de Daoulas est en kersantite, il comprenait 44 piliers, il formait un rectangle de 14,60 m par 12,45 m, et il date du dernier quart du XIIème siècle. C'est le cloître roman le mieux conservé de Bretagne. Partiellement détruit après la vente de l'abbaye comme bien national à la Révolution il a été reconstitué sur trois côtés non couverts en 1880, sur une structure moderne. Il présente une alternance de colonnes simples et jumelées, et les chapiteaux sont ornés de motifs végétaux stylisés. Dans le jardin intérieur du cloître une vasque du XIIème siècle construite à l'époque de l'abbé Guérault (1352-1398), de forme octogonale et dont chacun des huit pans offre une ornementation différente. 

 

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Bon mercredi à vous !

 

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19 mars 2019

Ce matin ...

... je vous emmène dans un petit village d'Indre et Loire qui se nomme Seuilly. Ce nom ne vous dit probablement rien, pourtant il a vu naître en 1494 l'un des plus célèbres écrivains français ... François Rabelais ! Mais ça ce sera pour une prochaine fois ! Je vous l'ai dit le village est petit, à peine 350 habitants, quelques jolies maisons mais surtout ce qu'il reste d'une abbaye. Simple prieuré en 1095 fondé par Guillaume de Montsoreau, elle devint abbaye en 1100. Partiellement détruite par un incendie en 1461, elle fut relevée par la princesse Jeanne, fille bâtarde de Louis XI. Si l’abbaye connut encore une période florissante au XVIIème siècle, la construction de la chapelle et de la fuye en attestant, elle commença à décliner bien avant la Révolution. Juridiquement abandonnée en 1736 (elle n’abritait plus que 4 moines), elle sera victime d’un ouragan le 14 mars 1751, ruinant l’église abbatiale ...

 

&& Seuilly (1)

 La grange dîmière, partiellement reconstruite au XXème siècle, accueille aujourd'hui une maison de pays ayant pour mission la promotion et la vente de produits locaux (gourmands et artisanaux) et l’accueil du public en tant qu’antenne de l’office de Tourisme du Pays de Chinon

&& Seuilly (3)

 L'intérieur de la grange dîmière

&& Seuilly (2)

 La salle capitulaire qui accueille aujourd'hui des événements culturels

&& Seuilly (4)

 La chapelle construite au XVIIème siècle

&& Seuilly (20)

 La maison rouge et un gîte

&& Seuilly (18)

 La fuye, ou fuie, sorte de colombier

Pour vous repérer voici un plan, seule la fuye n'est pas indiquée, elle est complètement à l'est, hors du plan.

PLAN-DE-SITUATION

 

Belle journée à toutes et tous !

 

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