01 octobre 2021

L'exposition ...


... dont je vous ai parlé dans mon premier billet sur cet endroit c'est La Teinture aux Mille Nuances . Elle avait lieu du 16 juin au 30 septembre et nous a permis d'attendre agréablement le début de la visite du moulin et de l'atelier. " Couleurs et empreintes : indigo, réséda des teinturiers, pelure d'oignon, avocat .... les plantes tinctoriales sont au coeur des pratiques du design et de la création textile contemporaine. "  Nous avons découvert les œuvres de cinq artistes et artisans d'art. Il faut savoir que la qualité exceptionnelle des eaux du Gier fut un facteur essentiel à l'installation des Teintureries Gillet à Saint-Chamond, au XIXème siècle. 

&& expo teintures (1)

 Les différents colorants naturels étaient présentées dans des verres à pied.

&& expo teintures (17)

 Balance de précision pour colorants.

IMAGE

 Quelques exemples : à gauche haut et bas les différents tons de garance, à droite en haut bleu : indigo,
rouge garance, rouge rosé cochenille, violet indigo et cochenille, vert indigo et réséda, à droite au milieu
réséda, à droite en bas avocat.

 

&& expo teintures (10)

 Pochon teinture naturelle aux pelure d'oignons sur toile métis, lin et coton, impression au tampon faite main création minuscules délices.

&& expo teintures (4)

 Panneau décoratif en soie entièrement réalisé à la main teinture naturelle à l'avocat par 3 bains successifs création minuscules délices.

&& expo teintures (14)

 Gauche et milieu " Trois fleurs " coton khadi ( filé et tissé à la main en Inde, Gujarat ) teinture à l'indigo naturel, brodé main. Droite " Volutes Marines " créations Catherine de Robert.

 

&& expo teintures (16)

 Créations Myriam Chauvy

L'exploitation des colorants naturels restera de première importance jusqu'au milieu du XIXème siècle. Puis des chimistes parviendront à copier de façon artificielle, sur bases d'hydrocarbures, l'une des molécules colorantes présente dans la garance, entraînant la disparition plus ou moins rapide de l'usage des sources végétales au début du XXème siècle en Europe. ( source panneau expo )

Nous avons tout vu, nous pouvons maintenant quitter la Terrasse sur Dorlay et sa Maison des Tresses et Lacets !

A demain pour les défis du samedi.

Excellent mois d'octobre à vous !

 

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30 septembre 2021

L'atelier


Notre visite se poursuit à l'intérieur, et là nous sommes " éblouis " par toutes les couleurs de fils !

Cet atelier fut construit en 1910 avec 50 métiers à tresser en bois fabriqués à Saint-Chamond au XIXème siècle sur le modèle perfectionné par Richard Chambovet. Ils sont en noyer, hêtre, buis, charme, et portent
des noms évocateurs : " princesse ", " soutache ", " escargot " " araignée ".

&& usine (1)

 

Leur fonctionnement spectaculaire met en évidence l'ingéniosité mécanique de ces machines qui tressent des myriades de fils colorés et fabriquent : lacets, cordons, galons, croquets, serpentines ...

&& usine (11)

 

Les métiers à tresser portent sur leur plateau des bobines de fil (les canettes) enfilées sur des fuseaux métalliques. Un mécanisme entraîne ces fuseaux, les faisant se croiser pour obtenir la tresse. Si le circuit est circulaire la tresse est ronde, si le circuit est ouvert, les fuseaux font des allers-retours et la tresse est plate.

&& usine (6)

 
Des canettes de toutes les couleurs valsent alors sur leur circuit et s'entrecroisent comme dans une danse, sur une musique singulière.

&& usine (4)

&& usine (2)

 

Le personnel, essentiellement féminin, venait des campagnes environnantes. Elles passaient en général la semaine sur le lieu de leur travail, les étages supérieurs servant de dortoir. Le bruit des machines était assourdissant ( nous n'en avons entendu que quelques-unes, je n'ose imaginer quand tout fonctionnait en
même temps ! ) et beaucoup d'ouvrières devenaient sourdes. 

&& usine (14)

 

Un petit train à vapeur légendaire appelé " la galoche " serpentait le long de la rivière pour acheminer les ouvrières jusque sur les lieux de travail. A la demande du tresseur, l'usine Camus bénéficiait d'un " arrêt sauvage " auquel les ouvrières descendaient.

Sans titre 1( carte ancienne trouvée sur le net )

 Une ouvrière s’occupait de 50 métiers, surveillant le travail et intervenant pour remplacer les canettes vides et quand un fil cassait (un mécanisme arrêtait le métier dans ces deux cas). Dextérité et rapidité était requises. Elles débutaient à 13 ans jusqu’à leur mariage, puis reprenaient souvent une fois les enfants élevés.

ParcPilat_ouvrieres_2018( photo du net, désolée pour la mauvaise qualité )

Le plus grand métier à tresser, il possède il me semble pas loin de 100 bobines !

&& usine (13)

 

Le mur du fond est garni d'étagères remplies de bobines de fils de toutes les couleurs ...

&& usine (10)

 

A coté des grands ateliers il y avait le travail à façon chez les paysans, des ouvrages étaient confiés pour des travaux d'assemblage, de finition (ferrage des lacets) et d'emballage. C'était pour eux un revenu d'appoint non négligeable en ce temps là.

&& usine (15)

 

Le moulin Pinte a produit des tresses jusqu'en 1970. Comme les autres il a été touché par la crise du secteur liée à plusieurs causes : moindre utilisation des lacets dans la chaussure, disparition des corsets (pour lesquels ont faisait des lacets mesurant jusqu’à 9 mètres), baisse du marché algérien après l’indépendance de 1962, apparition de machines japonaises beaucoup plus performantes.

&& usine (16)

 Désolée d'avoir été si longue, ça n'est pas dans mes habitudes mais je ne voyais pas l'intérêt de faire un second billet pour parler de cet atelier. J'ai trouvé tous ces renseignements sur le site de La Maison des tresses et lacets, sur celui de la Fédération des Moulins de France et ... dans ma mémoire !!!

A demain pour l'expo sur les colorants naturels.

Belle journée à toutes et tous !

 

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