21 novembre 2018

Restons ...

... près du kanndi du Fers, il y a juste une petite route à monter pour arriver ici. C'est là que vivait une famille de paysans-fabricants de toiles, nombreuses sur Saint-Thégonnec. Le commerce du lin a connu son âge d'or, dans le Léon, aux alentours de 1680 et leur a permis de s'enrichir. On les a appelés beaucoup plus tard les juloded ( en français " nantis " ). Le julod est alphabétisé, ne travaille pas de ses mains, il commande ses domestiques qui peuvent parfois dépasser la vingtaine, mais sont en général entre 4 et 10. Il se consacre aux foires, aux loisirs et, éventuellement à la politique, est toujours très bien vêtu. Les juloded sont à l'origine des enclos paroissiaux, ils sont restés puissants jusqu'au début du XXème siècle. 

&& Le Fers (1)

&& Le Fers (2)

&& Le Fers (3)

&& Le Fers (4)

 

Voici le plan de la propriété d'un paysan-fabricant de toiles ...

panneaux explicatifs (4)

 

Costume d'un julod au musée de la fraise de Plougastel, photo du net ...

 

220px-049_Costume_de_julod_(musée_de_la_fraise_et_du_patrimoine_à_Plougastel)

 

Il y avait une jolie maison mais des gens devant, je n'ai pas osé prendre de photo. Mais j'ai trouvé beaucoup de charme à cet endroit !

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus, c'est ici clic.

Bon mercredi à toutes et tous !

 

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20 novembre 2018

Repartons ...

... dans le Finistère, à Saint-Thégonnec plus exactement, pour découvrir les kanndis. Késako me direz-vous ...? Et bien le mot kanndi vient du breton kannañ qui signifie blanchir et ti qui veut dire maison, donc " maison à blanchir ". Et blanchir quoi me direz-vous ...? Et bien le lin, c'est pourquoi on les appelait également " lavoirs à lin " !
Il faut savoir que pendant des siècles, les paysans ont cultivé le lin en Bretagne. Dans le Léon, au nord du Finistère, une véritable industrie s’est progressivement installée aux alentours du XVème siècle : la Manufacture des Créées de Léon, la " créée " étant le nom de la pièce de toile. Cette industrie toilière rurale, dispersée dans de multiples hameaux sur le territoire, se distinguait par son nouveau mode de production : le fil, naturellement écru, était blanchi avant d’être tissé. Les toiles ainsi obtenues, étaient plus fines, de meilleure qualité et pouvaient donc être vendues plus cher.

&& Kanndi (1)_InPixio

 

De février à juillet on apportait chaque jour des écheveaux de lin au kanndi. Mélangé à de la cendre de hêtre, le fil était mis à tremper dans la grande auge. Un feu dans la cheminée transmettait sa chaleur à la pierre et indirectement à l'eau. La potasse contenue dans la cendre pouvait ainsi agir sur le fil et le blanchir. 

&& Kanndi (2)

 

Alimenté par l'eau d'une source, un douet servait à rincer le fil. Des dalles de schiste appelées repamoirs permettaient de poser les écheveaux. Après une journée passée dans le kanndi le fil était rapporté près de la maison. Il était étendu sur le courtil et le soleil poursuivait le blanchiment pendant 15 jours. Ce cycle devait être répété 6 à 9 fois, il fallait donc plusieurs mois pour obtenir un blanchiment correct.

Kanndi du Fers (2)

Kanndi (5)

 

Un kanndi pouvait ainsi blanchir chaque année suffisamment de fil pour fabriquer une centaine de toiles d'environ 120 m de long sur 0,90 m de large. Ensuite les toiles partaient du port de Morlaix vers l'Angleterre, l'Espagne ou le Portugal. On sait qu’à la fin du XVIIème siècle, il existait un millier de kanndis entre Landerneau et Morlaix.

&& Kanndi du Fers (1)kanndi du Fers

Pardon si j'ai été longue, je vous ai fait beaucoup lire aujourd'hui, mais je ne voyais pas comment faire moins !

Belle journée à vous !

 

Posté par CathyRose à 07:00 - Commentaires [46] - Permalien [#]
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