Suite de mon billet de vendredi ici 

Certaines de ces maisons ont des encorbellements. Ce terme est dérivé de corbel, forme ancienne de corbeau. Et ces encorbellements avaient plusieurs raisons. La première était la protection contre le ruissellement de l'eau, la seconde était de mettre à l'abri les marchands et les marchandises. Enfin la troisième était fiscale puisque non seulement les propriétaires gagnaient en surface à chaque étage, mais ça permettait de diminuer les taxes, calculées d'après la superficie au rez-de-chaussée.

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 maisons à Najac ( Aveyron )

Certaines maisons pouvaient avoir deux, trois, voire exceptionnellement quatre ou cinq étages en encorbellement. Au fur et à mesure ce système a été interdit. Les encorbellements se développaient avec une vigueur qui pouvait mener à l'obstruction totale de la rue. Les habitants continuant à jeter le contenu des pots de chambre par la fenêtre, ce qui faisait de la rue une espèce de cloaque sombre et puant, où vent et soleil ne pénètraient jamais. Pire ils étaient aussi propices au risque de propagation du feu.

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 maisons rue Ange de Guernisac à Morlaix ( Finistère )

Pour vous montrer qu'autrefois les derniers étages des maisons se touchaient presque, une carte ancienne représentant la venelle au Son, à Morlaix ...

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Au Moyen-Âge les poutres étaient peintes ( mais pas dans des tons vifs qui se sont développés au XIXème siècle seulement ), le plus souvent avec du sang de bœuf et du brou de noix fixés au vinaigre. A la Renaissance elles étaient peintes en rouge sombre ( badigeon teinté d'un ocre brun-rouge ). Au fil des siècles, les façades à pans de bois ont eu tendance à être masquées par des enduits, qui donnaient l’illusion d’une construction en pierre, signe extérieur de richesse. Le but était aussi de les protéger du feu.

 

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maison à Lisieux ( Calvados ) aujourd'hui chocolaterie

Au Moyen Âge artisans et boutiquiers travaillaient derrière la fenêtre de leur "ouvroir" ou de leur "boticque" sous les yeux des passants. Les échoppes étaient bordées de larges bancs de pierre ou de bois, appelés "bansches" dans le midi, de tréteaux, de dressoirs à usage commercial où étaient exposés à la vente les produits de consommation courante, vivres, tissus, épices ... Dans certaines villes le vantail inférieur des fenêtres ou "taulié" s'abaissait pour servir de table et de comptoir, tandis que la partie supérieure se relevait comme une fenêtre à tabatière. ( source Flandre-au-Lion )

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maison Tacani à Pérouges ( Ain )

Mais quelle est l'origine des couleurs des maisons alsaciennes ?
Comme à l'époque très peu de personnes savaient lire, un code couleur avait été mis en place afin de se retrouver plus facilement dans les rues des villes. Ainsi, chaque couleur correspondait à un corps de métier.

- Le vert émeraude faisait référence aux métiers de la couture, du tissu et du cuir.
- Le rouge magenta correspondait aux métiers qui travaillaient le fer.
- Le jaune ocre mettait en évidence les métiers de boulangers et de pâtissiers.
- Le bleu marine permettait de reconnaître les métiers liés au bois

Une cinquième couleur revenait elle aussi très souvent, il s'agissait du crème en rapport avec les métiers de la construction. Mais bien avant le Moyen Âge ces couleurs avaient semble-t'il une toute autre signification puisqu'elles indiquaient la confession des habitants. Les familles catholiques habitaient des maisons bleues, les protestants des maisons rouges. ( source easy Alibabuy )

 

Eguisheim (148)maisons à Éguisheim ( Haut-Rhin )

 A demain pour tout autre chose.

Bon mercredi à vous !

 

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